« Tout est
bien. »
Ma Ananda Moyi
Le 16
décembre 2008, rendez-vous pour une échographie
mammaire.
Un peu
stressée.
Marie-Thérèse, La
tante de maman, m’a emmené à l’hôpital de Dreux,
et oui à 23 ans toujours pas de permis ! Elle a était présente
pour moi, elle m’a beaucoup épaulé.
A
l’accueil du centre des radios, il y avait un présentoir de
cartes postales roses bonbon, trop belles ! J’adore
garder les visuels marquants, drôles, gais, … je
collectionne pour mes collages.
Je lis sur
la carte quelque chose comme : ATTENTION CANCER DU SEIN,
DEPISTAGE.
Marie. T me
tapote la main en me murmurant doucement, la peur dans les yeux,
l’angoisse dans la mâchoire :
« Arrête de dis pas
de sottises ! »
Je ricane
gentiment, repose la carte. L’humour noir n’était pas
au rendez-vous.
J’ai
eu un peu mal, car ce jour-là j’étais un peu sensible, mais
rien de bien méchant.
Le
lendemain j’ai rendez-vous pour une ponction, car
effectivement il y a un nodule de 1,7mm.
« C’EST
BENIN » m’a dit l’assistante du médecin, pour me
rassurer…
Ils
enverront les résultats à mon médecin. Je prends donc rendez-vous
avec le docteur ?????, mais c’est le docteur Galichet
qui la remplacera. Mon rendez-vous est fixé au vendredi 26 décembre
2008 à 15h45.
Avec
maman on a décoré le sapin en noir et blanc, le blanc pour ma
chatte blanche Louna, le noir pour notre toutou Ugho,
malheureusement il nous avait quitté quelques semaines avant
…, puis nous avons préparé le repas de
Noël.
Maman était
présidente de l’alliance Nogentaise, une troupe de théâtre,
qui jouait Première Loge ce soir-là, nous sommes allés
voir la représentation.
Le
dimanche 21 décembre nous avons fêté son anniversaire, avec plein
d’amour et de champagne.
Elle a
soufflé les bougies, nous avons passé une bonne soirée près du feu
de cheminé avec une Louna adorable.
Le
mercredi, étoiles sur les tables, atelier improvisé, noir et blanc
au programme, et encore plein d’amour.
Steve était
mon invité, Jean Claude le frère de M-T et ma grand-mère ainsi
qu’évidement Marie-Thérèse et son compagnon Jöel
étaient nos invités également. Un réveillon très
sympa !
Premier Noël
sans papa, qui lui préférai le fêter avec sa nouvelle compagne,
enfin celle pour qui il est partie de la maison un vendredi en
emportant ses costumes, ses bijoux…
« Tu me
rangeras ta chambre quand même » m’a t – il dit
avant de partir…
Un stress
est présent, j’ai peur, quand même. Vendredi, le médecin va
m’annoncer les résultats de la ponction.
Aïe !
Mais non, ça
va être long mais rien de grave.
Lorsque tout
le monde est parti, il ne restait que maman, Steve et moi. Nous
avons fini le champagne, et le vin blanc. Beaucoup de rires, de
laisser aller… Et puis maman est parti se coucher. Avec
Steve on a continué la soirée jusqu’à tomber malades…
J’avais peur …
Et je
tentais par mille moyens d’oublier
Le
soir de Noël 2008
Vendredi
26 décembre 2008.
Rendez-vous avec le
docteur Galichet à 15h45. Jenny est venus me rendre visite
avec Flav et ma Lilou-Rose (ma filleule), ils sont arrivés à 12h30,
et doivent repartir pour 17h00. Alors on a choisi du foi-gras et du
champagne pour l’apéritif. Maman a tricoté un joli pull pour
le noël de Lilou Je lui ai trouvé des petites coccinelles
pour ses petites couettes, et une boîte ! Lilou adore les
boîtes !
J’ai
passé un agréable moment, photographié et mémorisé.
« Allo, oui
excusez-moi, mais nous sommes en panne, on aura un peu de
retard »
Départ
17h30.
Arrivées à
la salle d’attente maman était fatigué, et angoissé. Moi je
l’a rassuré…
Deux jeunes
adolescentes ne trouvaient aucunes gêne, elles parlaient fort et
pourtant s’envoyer des SMS, rigolaient fort avec la maman.
Pauvre maman …
« Melle
Meyer ! »
Le
docteur Galichet et une femme discrète, avec un visage très doux,
elle a le visage pâle, et les cheveux noirs. Et c’est avec un
sourire timide et retenu qu’elle me dit :
-
Bonjour.
-
Bonjour !
-
Comment allez-vous ?
-
Bien. Merci. Apparemment c’est bénin je suis
contente !
-
Mais qui vous a dit ca ? Me demande-t-elle choqué et en même
temps pris au dépourvus.
En fait
ca n’était pas bénin. Il y avait des molécules sans doute
cancérigènes. C’est ce qu’elle tentait de
m’expliquer avec beaucoup de mal, comme mal à l’aise,
elle se débattait, je le sentais, c’était grave.
« Cancérigène ? »
ce mot avait frappé ma tête comme un gong qui vibrait dans mes
tympans, mon ventre se vidait, mon cœur tremblait, je ne le
sentais plus, ma gorge était sèche et serrée, mes mains lourdes,
mes bras si ballants, toute mon énergie se réduisait dans un noyau
au niveau du ventre.
« Il
est possible que ce soit opérable » tentait de me dire mon
médecin, ça allait si vite … le temps était un mouvement,
tout s’écroulait dans ma tête… mes projets, mes rêves,
mes ambitions, …
« Possible ?
Comment ça possible ? je ne comprends pas…, je suis
jeune, comment est-ce possible ? C’est la
cigarette ? Je ne comprends pas, … » j’étais
perdu, je pleurais des larmes à torrent, tout un tas de stress, de
lâcher prise se vidait en mes larmes.
Comment
j’allais pouvoir l’annoncer à maman ? Impossible,
papa venait de quitter lla maison pour une femme innommable, Notre
chien était mort, on luttait dans une maison froide, sans sous car
maman venait de décrocher un CDI chez un avocat à temps partiel,
elle avait fait infarctus, dépression, appel à l’aide
en prenant trop de médicaments, et là je l’assommait avec un
cancer. Je m’effondrait encore plus …
Le médecin
ne disait rien. Elle me laissait évacuer, et prendre la nouvelle
doucement, elle ne me brusquait pas, elle me laisser ressentir,
changer mes programmes, me remettre en selle… Je la
regardais et me disait : Elle ne dit rien, je pleure et elle
ne dit rien. Pourquoi elle ne me rassure pas plus, est ce que je
rêve ? Aujourd’hui vendredi 26 décembre 2008
m’annonce réellement que moi Marlène Meyer 23 ans a le
cancer. J’ai respiré fortement, de l’intérieur vers
l’extérieur, ai pris mon temps, j’ai fermé les yeux, et
je ne me suis pas menti, j’ai enfin était honnête avec
moi-même. Tu le savais et tu l’as demandé. Un vœu qui
se réalise, et pourtant, je l’aimais la vie, je le savais à
cet instant.
Je voulais
vivre. Je voulais vivre Bon Dieu. Je voulais vivre. Et j’ai
pleuré encore et encore… non plus de tristesse, mais ce
lâcher-prise que j’accumulé depuis trop longtemps, le temps
passait, cela faisait déjà 45 minutes que je pleurais et que le
docteur Galichet m’expliquait le déroulement des opérations,
les renseignements sur l’aide, les nouvelles technologies,
… maman était fatigué, comment lui
annoncer… ?
-
Vous m’agaçais !
Elle
m’a évidemment demandé pourquoi.
-
Parce que vous êtes calme, et c’est angoissant.
Il y
avait eu des éclairs, mais là, c’était plus qu’un
éclair. Il n’y avait pas de retour en arrière
possible.
Beaucoup de
questions, de doutes, de remises en causes, plein d’émotions,
beaucoup de rage, et de peur.
Dépression.
Impression
de trahison, décalée, complètement décalée, frustrée,
dégoutée, pas juste, pourquoi ? C’est possible ? A
23 ans ?
Et
Maman ? Elle ne va jamais le supporter, il ne faut pas que je
lui dise. Mais je ne peux pas lui cacher. Mais c’est bientôt
les fêtes. Pourquoi maintenant ? Pourquoi à
moi ?
Pourquoi on
me demande de faire du saut de haie tandis que je préfère le
sprint ?
Je suis
sorti du cabinet. Maman m’attendais dans le grand hall. Elle
a du me voir si perdu dans mon regard. Elle avait compris je
crois.
« On en
parlera à la maison »
J’ai
eu du mal à réaliser tout de suite se qu’il se passait. Je me
suis connecté à mon site d’évasion : Facebook, et là je
me suis sentie séquestrée, seule, perdue, insociable et
choquée !
Je suis
descendu au salon. Vautrée dans le canapé, j’ai pensé. Maman
n’a pas pu résister, et me demanda se que
j’avais.
« -
C’est Clem ?
- Non
…
-
C’est quoi alors ? Les résultats ? Ils disent
quoi ? »
Elle
s’est agenouillée près de moi et je lui ai
expliqué.
« … Et
j’ai rendez-vous chez le gynécologue de
l’hôpital, lundi. »
On a pleuré
nos mains serrées, on priait je pense…
Nous avons
passé le weekend à appréhender le rendez-vous. Un weekend
déprime.
Lundi 29
décembre 2008.
Le
docteur Rabiey est clair.
« A
votre âge, c’est rare, mais ça arrive
malheureusement. »
Il m’a
encouragé à me lâcher, maman aussi était là et tenté de garder ses
larmes.
A ce
moment-là j’ai réalisé et j’ai lâché encore mes larmes,
comme un trou noir dans la poitrine et la tête. Je lâchais tout, ma
tension, mon angoisse et ma peur.
J’étais assise là,
et je m’enfonçais dans ma chaise, comme dans un fauteuil. La
pièce était blanche, un contrejour me fatiguait les
yeux.
Maman était
à ma gauche. Elle me tenait la main. Le docteur m’a également
présentait des excuses, vis-à-vis de la jeune assistante médicale
qui m’avait dit : « c’est bénin »,
m’a donné des explications vis-à-vis de la réaction de ma
généraliste.
Elle est
jeune, remplaçante, et son premier contact avec moi c’est
pour m’annoncer que j’ai un cancer… les médecins
ne restent pas toujours insensibles.
Il m’a
tout bien expliqué, puis m’a demandais si j’étais prête
à accepter d’être prise en charge à DREUX. Y a-t-il un autre
moyen ? Il m’a répondu par un petit oui, septique des
résultats, et inquiet car j’étais à un stade avancé. Il y
allait avoir plein d’examen à passer, pour voir partout au
millimètre prés. On appel ca un TEP ou PET SCANN.
Prit en
charge à 100%.
Il m’a
demandait si j’avais des questions.
« Je
dois donner ma décision rapidement ?
« Heu... oui...
Avant de partir c’est mieux, mais je ne peux pas vous
obliger. C’est à vous de décider, mais plus vite c’est
pris en charge, et plus on a de chance de vous
guérir. »
J’ai
respiré profondément, regarder maman, dans les
yeux :
« Je
dis oui ? Je le fais ? »
« Tu es
prise en charge de suite, c’est risqué
d’attendre ? »
«
J’ai envie de vivre, j’ai trop de
projets »
« Je
rentre quand ? je pourrais fêter le nouvel an ?
Combien de temps ? »
Le docteur
avait prévu, il avait prévu une entrée le 5 janvier, afin de me
laisser faire la fête du nouvel an avec mes amis. Une semaine si
tous se passe bien. »
Tout est
allé si vite !
On m’a
prise en charge tout de suite, en
illico-presto !Paf !
Direction
mammographie et IRM.
La je suis
en grosse panique ! Énorme ! je crois que je panique
puissance mille. Je ne sais pas expliquer la peur que je ressens,
elle vient des tripes, de ma tête de mon ventre.
Je tremble.
Réellement. J’ai les larmes qui sont aux bords de mes yeux.
Je rougie. Mon cœur s’emballe et monte et descend en
fréquence. J’ai envie de me réveiller.
Hop
direction Mammographie ! Ça fait mal bon
sang !
Moi
chochotte ? Jamais ! IRM…. ? Grrr plu tard
les détails !
Je recevrais
les résultats le 5 janvier 2009 à mon entrée à
l’hôpital.
Mercredi
c’est l’anniversaire de Mumu. Le 31décembre. Et Le
1er Janvier c’est l’anniversaire de Steve.
Avec Maman on a trouvé une jolie jupe en satin noir, un pull
pailleté noir, un collier, une broche et une
ceinture !
La classe,
trop belle ! Là je me flatte.
La soirée se
passé à Grandchamps dans la salle des fêtes, on a bien profité! Je
souhaitais la bonne année, et on me souhaitait la bonne santé sans
savoir ! Je trouvais ca sympa, ca me réjouissais
intérieurement.
On avait
acheté des confettis, alors j’en ai jeté partout a tous le
monde, comme une enfant, sans retenu, et j’ai aimé
ca !!!
Avec
Maman on s’est offert un jeux de société
« crânium », c’est un jeux super
drôle !
Un ami est
venu boire le café et manger la galette afin de le remercier
d’avoir scié le bois de chauffage. On a passé un bon moment a
jouer à notre nouveau jeux !
18 :30
Apéro ! Samedi pépère… médoc antistress effet
assuré !
Dimanche 4
décembre, journée forte agréable avec Mumu.
01 :39, je suis
sensée dormir, mais je n’y arrive pas, malgré les
médicaments, la tisane, et l’écriture. Demain matin levé à
6 :00 – départ pour 7 :00 – arrivée à
l’hôpital à 7 :30.
C’est
ici que je peux écrire mes pensées les plus intimes.
Je souhaite
suivre cette période au jour le jour… si c’est
possible.
Louna vient
de s’étirer, de couiner et de se rendormir.
Elle me
donne envie. Allez dernière cigarette, c’est une
promesse !
Comment
prouver à Maman que je l’aime ? Arrêter de
fumer !
Il me reste
2 cigarettes, une pour le cappuccino demain matin, et une pour la
voiture.
Allez
demain, lundi 5 janvier 2009
Bonne nuit
Moi-même
Commentaires